Rire en pet

[Publié in cat. de l’exposition Incongru. Quand l’art fait rire, (8 octobre 2011-15 janvier 2012), Lausanne, Musée cantonal des beaux-arts, 2011.]

Qui potest capere capiat

Crepitus Ventris, l’homme à réaction, devint un best-seller du comic-strip. Son auteur, Woodes Rogers, avait conçu une sorte de Batman se propulsant dans les airs grâce à son générateur personnel de vents, ce qu’il explicitait par des « bulles oblongues ou ballons explosifs sortant de son propre fondement », où il inscrivait des « Zoop ! Vroosh ! Wham ! Pow ! Swish ! Vraoum ! Va-voom ! Plomp ! Whew ! Foom ! ou Flutter ! ». Il fut ainsi le premier artiste à donner une interprétation visuelle au délire verbal confondant expulsion et propulsion.

Ce bref succès ne lui suffit pas, Rogers, alias Evguénie Sokolov[1], se démasqua avec une invention qui fit sa fortune. Depuis le plus jeune âge, il était affligé d’incontinence venteuse et, un jour qu’il dessinait une aiguille avec son chat, il fut pris d’un accès pétaradant qui lui fit perdre un bref instant le contrôle de sa main. Contemplant le résultat de ce séisme, il découvrit une ligne que le brusque tremblement avait rendue zigzagante et pour tout dire aléatoire, ce qui était de très bon aloi en ces temps d’art informel.

« À l’analyse, la fulgurante beauté de ce croquis paraissait émaner d’une sensibilité dangereusement exacerbée par quelques excitants médicamenteux, éphédrine, orthédrine, maxiton, corydrane, semblable qu’il était à ces tracés électroencéphalographiques d’épileptiques, tracés dont les ondes rythmiques paroxoxystiques correspondaient parfaitement avec les angles suraigus de son parcours. »

Il récidiva, amplifia ses mouvements involontaires avec une selle de bicyclette munie de ressorts à boudins, perfectionna, contrôla, produisit délibérément, bref, de sa nature défectueuse tira meilleur parti. Il avait inventé l’hyperabstraction – selon la formule lancée par le critique Jacob Javits[2] au lendemain de sa première exposition. Il eut une foule de disciples moins doués, qui ne firent que saisir vaguement un style, ignorants qu’ils étaient d’un art dont les principes fondamentaux leur demeuraient secrets. Car fondé sur le pet, il était rien moins que spirituel.

L’âme en pet

Claude Gaignebet n’a cessé à travers ses livres et ses conférences de remonter aux linéaments métaphysiques du pet. Dans Le Folklore obscène des enfants[3], folklore auquel on n’avait guère prêté attention auparavant, il consacre tout un chapitre à ce genre de courant d’air – qui n’a nul besoin de piston, n’en déplaise à Marcel Duchamp. Tout un chacun se souvient au moins avoir chanté :

« Au clair de la lune
J’ai pété dans l’eau
Ça faisait des bulles
C’était rigolo »

Mais d’autres comptines induisent un sens moins anodin :

« En passant près d’un cimetière
J’entendais les morts péter
Ce qui prouve que sous terre
On n’a pas le trou du cul bouché »

Comme si quelque vie subsistait par-delà la mort, du moins sous forme de souffle alvin. Ce folklore enfantin du pet est à rapprocher de certains rites observés dans des fêtes au Moyen Âge, tel ce jeu de pet-en-gueule que cite Rabelais dans la liste des jeux du jeune Gargantua, et qui figure au revers du guidon de la compagnie de la Mère Folle à Dijon. « Le pet, commente Gaignebet, a été considéré pendant des siècles, à l’intérieur des confréries de Fous ou de Cocus comme une des formes de l’âme. » Et cette inversion de la circulation du souffle spirituel n’est pas une transgression du sacré, comme le prétend un lieu commun cher aux néo-théologiens émules de Georges Bataille. « Nous pensons au contraire que la théorie du souffle en pet est primitive et qu’elle ne s’est pas développée en opposition à celle du souffle buccal, mais en quelque sorte parallèlement. »

Sur l’avers du guidon sus-cité, la Mère Folle, à tête de lune, actionne des soufflets qui communiquent avec des têtes d’angelots joufflus. Une description d’une version antérieure de ce guidon précise qu’il comportait auparavant, au lieu de têtes, des culs péteurs, comme ceux qui se voient sur cette gravure illustrant une édition de Zéphir-Artillerie, et qui canonnent du haut d’une tour. Car les fous, personnages lunatiques sont des « éventés ».

Les héritiers de ces compagnies de fous animent encore certains carnavals, tels les soufflaculs de Pézenas qui, armés de soufflets et revêtus de la grande chemise blanche des chienlits, se poursuivent à la queue-leu-leu en faisant mine de se gonfler le derrière maculé de moutarde. Une scène qui, du reste, figure dans quelque stalles d’églises que personne ne prend plus la peine de regarder[4]. La première édition de l’Art de péter est fort à propos précédée d’un épitre dédicatoire à Carnaval et Carême prenant. La période festive qui commence après Noël est un temps de circulation des âmes des morts qui reviennent, jusqu’au mercredi des cendres, hanter l’espace des vivants. Gaignebet[5] a attiré l’attention sur le fait que la date antérieure possible du début du Carême est la Saint-Blaise, fête que les Germains appelaient le « jour des vents », blasen signifiant souffler. Les carnavaliers, quant à eux, se gavaient d’aliments flatulents – la fève des rois, dont on a perdu et l’usage primitif et la signification, et qui inaugure la période, en est une lointaine survivance. Le dossier folklorique du pet est copieux, plein de tempêtes alvines que nous avons honte d’évoquer si rapidement, mais notre but ici n’est pas d’offrir un Folklore du pet pour les Nuls.

Physiologie du pet

S’il reconnaît lui-même pas mal d’effluves incommodantes, Evguénie Sokolov utilise principalement pour son art le pet proprement dit et non la vesse ou, selon la distinction fixée par le De Peditu[6], le pet vocal plutôt que le pet muet. Une distinction vulgarisée depuis le XVIIIe siècle par L’Art de péter[7] et toutes ses variantes ou reprises, ces traités burlesques développant une sorte de physiologie du pet, et n’hésitant pas, si j’ose dire, à détailler la matière.

Aux dire de son éditeur[8], Dali ne se séparait jamais d’un enregistrement précieux – un petit microsillon dont tout le bruitage était l’œuvre d’un club de pétomanes américains –, et relisait sans cesse cet Art de péter, que l’exemplaire qu’il possédait attribuait à un certain Comte de la Trompette. Le 29 juillet 1952, il note dans son Journal  :

« À propos d’un pet très long, vraiment très long et, disons la vérité, mélodieux, que je lâche au réveil, je me suis souvenu de Michel de Montaigne. Cet auteur rapporte que saint Augustin fut un fameux pétomane qui réussissait à jouer des partitions entières. »

Dali fait ici un amalgame. Voici le passage de Montaigne :

« Les utils qui servent à descharger le ventre ont leurs propres dilatations et compressions outre et contre nostre advis, comme ceux-cy destinez à descharger nos roignons. Et ce que, pour autorizer la toute puissance de nostre volonté, Sainct Augustin allegue avoir veu quelqu’un qui commandoit à son derriere autant de pets qu’il en vouloit, et que Vivès, son glossateur, encherit d’un autre exemple de son temps, de pets organisez suivant le ton des vers qu’on leur prononçoit, ne suppose non plus pure l’obeissance de ce membre ; car en est-il ordinairement de plus indiscret et tumultuaire. Joint que j’en sçay un si turbulent et revesche, qu’il y a quarante ans qu‘il tient son maistre à peter d’une haleine et d’une obligation constante et irremittente, et le menne ainsin à la mort. Et pleust à Dieu que je ne le sceusse que par les histoires, combien de fois nostre ventre, par le refus d’un seul pet, nous menne jusqu’aux portes d’une mort tres angoisseuse ; et que l’Empereur qui nous donna liberté de peter par tout, nous en eust donné le pouvoir[9] »

Le personnage doué du contrôle de ses pets, n’est donc pas saint Augustin mais une tierce personne connue de lui, figure avant la lettre du pétomane[10] cher aux rires fin de siècle. Plus près de nous, René Fallet – avait-il lu Augustin ? – dota Ratinier et Chérasse, les deux paysans de son roman La Soupe aux choux, du pouvoir éloquent observé il y a bien longtemps déjà par le saint homme.

« Non ce n’était pas « Le Bal » de la Symphonie fantastique. Plutôt la trompette bouchée de Bubber Miley, l’un des créateurs de la sourdine « ouah ouah », dans le Creole Love Call de la version originale de 1927. Cette exécution magistrale arracha des cris d’enthousiasme au Glaude :
— Joli ! Joli ! Ça mériterait d’être gardé pour y passer sur un phono !
Enchanté de ses effets, Chérasse courut quérir un autre litre et, les accus rechargés, nos deux mélomanes se surpassèrent à l’intention des seuls astéroïdes, déchiffrant des partitions inconnues, égrenant des soli tonitruants égayés de duos moelleux, voltigeant du basson au tuba, du grave à l’aigu, du plaisant au sévère. Jamais les deux artistes n’avaient connu semblable condition physique, n’avaient participé à un tel festival de Bayreuth, n’avaient improvisé dans une si brillante jam-session. »

(Ce combat de vents, dans la meilleure veine des joutes florales de nos troubadours, est incarné au cinéma par les derrières de Jean Carmet et Louis de Funès qui y font démonstration avec finesse de leur art de la nuance poétique.)

Éloquence ou musique, il s’agit donc bien toujours, dans ces multiples éloges du pet – traités humoristiques en latin ou en français, journal, romans ou films –, de déplacer le pet de la nature vers la culture. Et quand Gainsbourg semble reprendre à Hurtaut la distinction entre le pet et la vesse, il met surtout en scène un pet contrôlé, cultivé, spirituel en somme.

« L’Ars honeste pettandi in societate per M. Ortuinum » figure dans la liste des livres de l’abbaye de Saint-Victor, au chapitre VII du Pantagruel, et fut tenu longtemps pour un titre dû à la seule imagination de Rabelais. Or, l’on a découvert récemment un Ars honeste pettandi in societate cum scholiis F.R.M. publié par Gryphe, à Lyon, en 1532, donc chez le même éditeur qui accueille la publication d’ouvrages savants en latin par Rabelais (Manardi, Hippocrate, Marliani), et la même année que le Pantagruel (lui aussi publié à Lyon). L’inventeur[11] de ce texte conclut son analyse en faisant la supposition d’une parodie, mais ce qu’il décrit comme étant le contenu du premier chapitre, De flatibus et crepitis (Des vents et des vesses), plaide fortement en la faveur d’une attribution à F.R.M., c’est-à-dire à François Rabelais Médecin. Il s’agirait en l’occurrence, d’une sorte de résumé du traité d’Hippocrate, περι φυςων (Des vents). Les vents du corps (souffle, pet, rôt), au même titre que l’air que nous respirons, ne sont qu’une variante du souffle universel. Soit donc une « inscription du pet dans la théorie médicale du souffle et du vent des Anciens » que l’on retrouve dans le chapitre 43 du Quart Livre, dans la fameuse description des mœurs pétomanes des habitants de l’île de Ruach. L’opposition faite par F.R.M. entre le pet et la vesse n’est pas olfactive, mais bien une opposition entre ce qui est sociable, le pet cultivé, contrôlé et volontaire, et ce qui ne l’est pas et demeure naturel et involontaire[12]. Et c’est bien quelques siècles plus tard le même fondement spirituel qui fascine Dali et sur lequel Serge Gainsbourg construit sa fiction Evguénie Sokolov.

Le sens du rire

La physiologie du rire, depuis Lemercier de Neuville ou Spencer, aborde le rire comme une émotion. Elle se plait à parler des lèvres, du visage, de ses muscles. Elle décrit le rire comme un acte incontrôlé, automatique – du mécanique plaqué sur du vivant selon Bergson –, un phénomène spasmodique, qui se propage jusqu’au ventre. La neurologie y ajoutera des commentaires sur la localisation du centre de commandement cérébral de ce type de réflexe. Ce n’est que de façon annexe, que l’on notera que le rire dérègle la respiration[13], sans plus avant creuser.

Revenons à Saint Blaise : plusieurs représentations du saint le montrent la main en équerre sur la gorge[14]. Sa fête, le 3 février, vient clore la bataille des vents qui débute le 25 janvier à la Saint-Paul, c’est donc un maître des vents. Rabelais, qui connaissait bien les coutumes populaires, ne fait pas naître Gargantua le jour de la Saint-Blaise impunément, car avant d’être un grand mangeur, Gargantua possède un nom construit sur la racine onomatopéique gar qui renvoie à l’idée d’avaler. En Catalogne, saint Blaise est le gargantero. Gargantua, inutile de le rappeler avale et pète. Blaise non moins. Quant au savant De peditu, dont on a déjà parlé, il est édité « sub signo Divi Blasii[15] ».

Tousser fait péter. Tussis pro crepitu. « Les médecins répètent à l’envi que la toux correspond à un effort des muscles abdominaux, glotte fermée, suivi d’une brusque expulsion d’air et que les complications des toux répétées (dont la coqueluche) sont le prolapsus rectal, les hernies abdominales, voire les avortements[16]. » Tousser fait péter et le cul peut tousser.

« Votre cul a la toux commère
Votre cul a la toux, la toux[17]. »

La toux répétée est la coqueluche bien nommée par analogie avec le chant du coq. Le coqueluchon, « cette coiffure caractéristique de la folie médiévale est surmontée à l’origine d’une tête de coq qui évoluera en une simple crête, et c’est cet animal qui protégeait magiquement de la toux son possesseur, maître d’une confrérie carnavalesque ou roi du coq. » Dont les membres, munis de soufflets…

Le dossier folklorique – saint Blaise, la tempête des vents, les soufflaculs, le roi du coq, etc. – ayant été largement exploré par Gaignebet, je n’insiste pas. Il faut lire et relire sa magnifique thèse dont l’érudition est vertigineuse.

Il reste que l’analogie entre la toux et le pet, qui tous deux ressortissent à une économie des vents, peut s’étendre au rire, lequel on le sait est au centre de la sagesse rabelaisienne. Car le rire est lui aussi « désopilant ». Non moins que la toux, il opile et désopile – c’est-à-dire bouche ou débouche un sphincter – la gorge. Rire et pet sont liés à des contractions abdominales : péter soulage le ventre, mais on peut se « bidonner » à en avoir mal. Il y a des pets vocaux comme des éclats de rire, et ce dernier se distille ainsi que les pets plurivocaux en une succession d’expirations. Il y a un dernier souffle, un pet de la mort et des morts de rire. Le rire sous cape se cache, sournois comme la vesse. Les tempêtes de vents soulèvent des tempêtes de rire. Le rire est une arme, qui appartient sans doute à la même armée que celle de Zéphyr-Artillerie[18]. Rire et pet ont une fonction sociale : le second placé au moment opportun peut faire taire un fâcheux à moins que le premier ne le désarme. Si une femme bien baisée pète[19], c’est sans doute parce que l’on a su lui faire « rire les fesses ». Les agelastes, c’est-à-dire ceux qui ne savent pas rire, sont constipés. Etc., etc. Creuser l’analogie demanderait de longs développements et la place manque ici.

Une expression résume le terrain commun où s’enracine ce chassé-croisé entre le rire et le pet : le « fou rire ». Car, s’il y a fou rire, c’est bien parce qu’il y a un rire des fous, c’est-à-dire de ceux qui, gonflés de flatulence, munis de leur soufflet ou de leur vessie de porc, animateurs de tous les charivaris, nous rappellent la dimension carnavalesque du rire.

Si donc il y avait un sens à tenter de répondre à la question que d’aucun philosophe a fort maltraitée, – Pourquoi rit-on ?, il faudrait sans doute explorer cette réponse, inattendue dans l’ampleur de son application : – parce que l’on pète. Non pas parce que péter fait rire (comme si c’était le dernier mot sur le sujet !), mais parce que rire et pet s’inscrivent tous deux – comme la toux et bien d’autres choses qui passent par l’une des neufs portes – dans la circulation universelle des souffles.

Bibliographie

  • Hippocratis medicorum omnium principis, de Flatibus Liber, ab Adriano Alemano Sorceensi apud Parisios doctore Medico, commentariis illustratus, Paris, 1557.
  • F.R.M., Ars honeste pettandi in societate, non localisé.
  • Ioannis Fieni Andourpiani, De Flatibvs Hvmanvm corpvs molestantibus, commentarivs novvs ac singvlaris, Anvers, 1582.
  • De peditu ; ejusqve speciebus Crepitu & Visio. In Theses digestus : Qvas Præside Clariss Viro, Bombardo Stevarzio, Clarefortensi, Defendere conabitur, Buldrianus Sclopetarius, Blesensis, Clareforti, Apud Stancarum Cepollam : sub signo Divi Blasii, 1596., livret inclus dans la compilation Casparis Dornavi Amphitheatrum sapientiae socraticae joco-seriae, hoc est encomia et commentaria autorum quam veterum quam recentiorum…, Hanovre, Typis Wechelianis, Impensis Danielis ac Dauidis Aubriorum, & Clementis Schleichii, 1619.
  • Zephir artillerie ou la Société des Francs-peteurs, s.l., 1745. (Seconde édition, corrigée et augmentée, 1763. Repris in Les Francs-P…, poème en quatre chants, précédé d’un Aperçu historique sur la société des Francs-P…, fondée à Caen dans la première moitié du XVIIIe siècle, et suivi de Notes historiques, philosophiques et littéraires, Caen, imp. F. Poisson, 1854.)
  • François de Paule Combalusier, Pneumato-pathologia, sive Tractatus de flatulentis humani corporis affectibus, Paris, J. de Bure, 1747. (Pneumato-pathologie, ou Traité des maladies venteuses, traduit du latin de M. Combalusier par M. Jault, 2 vol., Paris, Debure aîné, 1754.)
  • Pierre-Thomas-Nicolas Hurtaut, L’Art de péter. Essai théori-physique et méthodique à l’usage des personnes constipées, des personnes graves et austères, des dames mélancoliques et de tous ceux qui restent esclaves du préjugé, En Wesphalie, chez Florent-Q, rue Pet-en-Gueule, au Souflet, [Paris, Jean-Baptiste Langlois], 1751. (Nouv. éd., suivie de l’Histoire du prince Pet-en-l’air et de la reine des Amazones, augmentée de La Société des francs-péteurs [par le Corvaisier], 1776. Idem, sans l’augmentation, préface d’Antoine de Baecque, Paris, Payot, 2006.)
  • Du Tillot, Mémoires pour servir à l’histoire de la fête des fous qui se faisait dans plusieurs églises, Lausanne et Genève, 1751.
  • Pierre-Jean Le Corvaisier, L’Esclavage rompu, ou la Société des Francs-Péteurs, A Pordé-Polis : à l’Enseigne du Zéphire-artillerie, [Paris, impr. Auguste-Martin Lottin], 1756.
  • Claude-François-Xavier Mercier de Compiègne, Éloge du pet. Dissertation historique, anatomique, philosophique sur son origine, son antiquité, ses vertus…, Paris, Favre, an VII [1798].
  • Ducastel de Saint-Paul, La Crépitonomie ou l’art des pets. Poème didactique en trois chants, Paris, imp. de L.G. Michaud, 1815.
  • E. Foderé, Essai Théorique Et Pratique de Pneumatologie Humaine Ou Recherches Sur La Nature, Les Causes Et Le Traitement Des Flatuosités Et De Diverses Vésanies…, à Strasbourg, chez l’auteur, 1829.
  • Alfred Canel (1803-1879), Une société caennaise du XVIIIe siècle et les écrits qu’elle a inspirés, En Prusse, l’année scatologique 5859 [Paris : impr Pommeret et Moreau,1859], in-12, 7 p.
  • Salvador Dali, Journal d’un génie, Paris, La Table ronde, 1964.
  • Jean Nohain et François Caradec, Le Pétomane, 1857-1945, Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1967.
  • Claude Gaignebet, Le Folklore obscène des enfants, Paris, Maisonneuve et Larose, 1974.
  • Claude Gaignebet et Marie-Claude Florentin, Le Carnaval. Essai de mythologie populaire, préface de Claude Mettra, Paris, Payot, 1979.
  • Serge Gainsbourg, Evguénie Sokolov, Paris, Gallimard, 1980.
  • René Fallet, La Soupe aux choux, Paris, Denoël, 1980.
  • Claude Gaignebet et Jean-Dominque Lajoux, Art profane et Religion populaire au Moyen Âge, Paris, PUF, 1985.
  • Claude Gaignebet, À plus haut sens. L’Ésotérisme spirituel et charnel de Rabelais, 2 tomes, Paris, Maisonneuve et Larose, 1986.
  • Histoire des mœurs, sous la direction de Jean Poirier, Paris, Gallimard, coll. « La Pléiade », 1990. (Rééd. coll. « Folio », 5 vol. sous emboîtage, 2002 : « L’Homme et l’excrétum », vol 1.)
  • Jean Feixas et Romi, Histoire anecdotique du pet, de l’antiquité à nos jours, préface d’Alphonse Boudard, Ramsay/J.-J. Pauvert, Paris, 1991.
  • Barbara C. Bowen, « The “Honorable Art of Farting” in Continental Renaissance Literature », in Fecal Matters in Early Modern Literature and Art. Studies in Scatology, sous la dir. de Jeff Persels & Russell Ganim, Aldershot (GB)/Burlington (USA), Ashgate, 2004.
  • Valerie Allen, On Farting : Language And Laughter in the Middle Ages, Saint Martin’s Press Inc., coll. « New Middle Ages », 2007.
  • Claude La Charité, « Rabelais et l’art de péter honnêtement en société », Contre-jour : cahiers littéraires, n° 16, automne 2008, p. 111-124.
  • Philippe Bourdin, « Le son du corps, ou l’âme en pet », Annales historiques de la Révolution française, n° 361, 2010/3.
  • « Flatulence », Wikipedia, <http://fr.wikipedia.org/wiki/Flatulence>

Notes

[1] Alias Serge Gainsbourg, 1980.

[2] Jacob Javits aurait pu parler de « peinture fondamentale », mais le terme avait été pris quelques années auparavant par un courant qui, au demeurant, toucha bien moins au fondement.

[3] Gaignebet, 1974.

[4] Pour l’iconographie, Claude Gaignebet et Jean-Dominqie Lajoux, 1985, p. 218-219.

[5] Gaignebet, 1979.

[6] De Peditu, 1671.

[7] Hurtaut, 1751.

[8] Michel Déon, in Dali, 1964, note 2, p. 67. Cet éditeur publie en annexe un long extrait du livre possédé par Dali : L’Art de péter ou Manuel de l’artilleur sournois, par le Comte de la Tompette, Médecin du Cheval de Bronze, pour l’usage des personnes constipées, chez Grosse Tonnette, la Belle Timbalière, à Moncuq (Guyenne), livre qu’il croît daté du XIXe siècle. Il s’agit en fait d’une réédition de Hurtaut (1751), réédition qui, au demeurant, ne figure pas dans les collections de la BNF. À noter une autre réédition, au titre voisin : Guide du Prussien ou Manuel de l’artilleur sournois, à l’usage des personnes constipées, des personnes graves et austères, des dames romantiques et de tous ceux qui sont esclaves du préjugé, Paris, Ponthieu, 1825. (Le « Prussien », blague nationaliste, est le derrière.)

[9] Les Essais, livre I, chap. XXI, « De la force de l’imagination », texte de l’édition de 1595.

[10] Cf. Nohain et Caradec, 1967.

[11] Claude La Charité, 2008.

[12] La médecine moderne déplacera cette distinction « sociale » vers des considérations hygiéniques : l’accumulation excessive de gaz dans certaines parties du corps donnant naissance aux maladies venteuses. Combalusier les décrit dans son traité de pneumatologie. Frank leur donne le nom de pneumatoses. On en trouve un exposé détaillé dans Foderé, 1829.

[13] Cf. Paul-Laurent Assoun, « Freud et le rire », in Freud et le Rire, sous la direction d’Adolphe Nysenholc et A. Willy Szafran, Paris, Métailié, p. 33.

[14] Pour des illustrations, cf. Gaignebet, 1986, t. 2, p. 34 et 187.

[15] De Peditu, 1629. Édition de 1671, p. 1. Remarqué par Gaignebet, 1986, t. 1, p. 66.

[16] Idem, ibidem, p. 79.

[17] Chanson populaire citée par Feixas & Romi, 1991.

[18] Cf. Histoire du prince Pet-en-l’air et de la reine des Amazones, publié en annexe de Hurtaud 1

[19] Remarque de Claude Gaignebet, in « Le vin à une oreille », conférence, Université de Bourgogne, Dijon, 11 janvier 1980.